Serais je prématuré ?
Dis moi Oh! lune
Pour ne pas être né
Sous le signe de saturne



Misère

Jour après jour la crasse s'accumule
Tel une prostituée qui s'offre sans scrupule
Au passant de la rue, misérable compagnon
Qui, pour se satisfaire donnera son dernier rond

Oh ! misère du temps qui fera de la vieille
Qui attend patiemment et que la mort surveille
Avec sa grande faux, avec un rire ironique
Décapite la pauvre, la vieille décrépite

La tête dans une poubelle que t'as donné la nuit ?
Pauvre chien errant pourchassé toute la vie
Peut être un bout de viande , peut être un bout de gras
Que ces messieurs refusent, ces messieurs les bourgeois

A cheval sur les toits, pour complice les étoiles
Tu cherches comme proie une des plus rares toiles
Pour un prix dérisoire que tu iras revendre
Oh ! misère du temps, prie qu'il ne se fasse prendre


Thierry



Je voudrais vous chanter toute ma tristesse
Sur un air de guitare que je ferai pleurer.
Comme un autre pêcheur ,sur une île en détresse
Qui appelle mais en vain, qu'on vienne le chercher

Je voudrais vous parler de mes rires et mes joies.
Je pourrai en parler s'il n'étaient pas de jadis
Ce paradis perdu qui s'éloigne de moi,
Que l'on cherche sans fin, que l'on trouve dans le vice.

Je n e vais pas haranguer toutes mes orgies
Aux soirs de ce qu'on voudra,dans le vin, l'opium
Au monde qui se forme et fabrique ma vie
Je ne sais quel chemin fera de moi un homme

Et mes amours passés, dois je les dévoiler Sinon qu'ils ont été décus et malhabiles. Ils me rappellent seulement les beaux jours d'un été, Comme une fleur d'hiver dans un printemps fébrile.

Thierry



Invitation a la débauche


Par une nuit ténébreuse,
Ou l'ennui y fait son lit
Une voix ensorceleuse
Et enivrante m'a dit

Approche donc sans crainte
Je suis celle qui guérit .
Toutes douleurs et plaintes
Et le vaste ennui aussi

Nous irons par les chemins
Par les champs si tu veux
Tous les parfums sont divins
Et le ciel est toujours bleu

Le cauchemar , la détresse
Ne sont pas de ce monde
C'est une interminable ivresse
Qui t'entraîne dans sa ronde

Vois mortel, ce que je donne
Pour l'échange d'une vie
Car chaque année a son automne
Et te murmure tu as vieilli.


Thierry



Sans joie
Je noie
Mon chagrin
Dans le vin

Mon cœur
En pleurs
Ne renie
Que la vie

L'arbre
Macabre
Dans la nuit
Me réjouit

Mais
La mort
Se sort
Comme l'heure
Me fait peur.



La mort


Je tiens la mort entre mes mains
Impalpable sous toutes ses formes
Qui danse sur la tête des humains
Et me console quand je suis morne

Je sens mes rides quintupler
Quand je t'embrasse et te désire
Quand j'abuse de ta bonté
Pourquoi vouloir me faire vieillir

Faut-il la corde ou le fusil ?
Pour une jouissance interminable
Dans un sommeil à l'infini
Ou je serai inébranlable


Thierry



Regardez les souffrir,
L'hiver est sans pitié.
La plupart vont mourir,
Le bout des ailes gelées.

La neige; si douce et belle,
Derrière nos carreaux.
Est une des plus cruelle
Pour ces petits oiseaux.

Si gais dans le printemps,
Ces petits êtres perdus.
Vous laissent indifférents
Quand ils ne chantent plus.

Tout comme ces pauvres bêtes
Je suis seul et j'ai froid.
L'hiver est dans ma tête,
Depuis longtemps déjà.

Il faudra au soleil
Qui ravive les cœurs,
Du parfum et du miel
Pour effacer mes pleurs


Thierry



Au roseau qui se plie,
Que la brise caresse
Aux étoiles qui scintillent
Et tendrement me bercent
Je souris

Au berger qui s'endort
Dans le vert pâturage
Sans peine ni remords
De fuir cet esclavage
Je bénis

A l'océan profond
Que nul œil n'a sondé
Au delà du plafond
La nuit illuminée
J'ai envie

A l'homme qui m'agresse
Me soumet, m'humilie
Qui m'opprime et m'empeste
Et criant vive la vie
Je le fuis

Par la cupidité
de l'homme par son savoir
Sur la stupidité
Il trône comme un Tzar.

Thierry



Je suis né d'une orgie religieuse
Un matin froid
Mes rêves n'en seront jamais rose
Et le vin de mon cœur est noir.



Poèmes écrits

Par Thierry: 5/11/1955 | 25/02/1979





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